Mohéli ou le jardin des Comores - Première partie : Itsamia



Partir à Mohéli, ce n'est pas un voyage ordinaire. C'est un retour aux sources, à la simplicité, un voyage fait de rencontre, de hasard et de vrai repos. Nous n'y sommes partis qu'une semaine, qui nous a paru affreusement courte encore une fois. 

Mohéli est à la fois ridiculement petite et immense, parce que la "route/piste" qui relie les villages est tellement peu praticable qu'on peut faire 10 km en 1h30. De l'eau courante -non potable- de temps en temps et rarement de l'électricité, mais qui s'en souci ?  

Pour arriver sur l'île, deux choix : Un petit avion 10 places qui part de Moroni en Grande Comores, ou le Kwassa Kwassa, petit bateau franchement pas rassurant et officiellement interdit aux étrangers. Pas vraiment emballé par la perspective d'être accueilli par la police comorienne à l'arrivée, nous avons choisi l'avion. Coup de chance, il n'est parti qu'avec 2h de retard.

On a plus l'impression de faire un baptême en ULM que de prendre l'avion...


Arrivée à l'aéroport de Bandar es Salam, contrôle, etc, on appelle notre point de chute qui nous envoie une voiture. Notre première destination est le petit village d'Itsamia, à l’extrême est de l’île.


Itsamia est un village étonnant. Environ 500 habitants, 1 minuscule magasin, 1 dispensaire, 1 école, 1 mosquée. Dans les années 80, les habitants ont pris conscience qu'il fallait arrêter de nuire à l'environnement, que l'avenir de leur île était dans la préservation et l'écotourisme. 

Ils ont donc commencé à défendre leurs plages et leurs forets contre le braconnage, et la pollution, puis en 93 ont fondée l'Association pour le Développement Social et Economique d'Itsamia, ou ADSEI, construit les premiers bungalows communautaires, formés des écogardes et des guides natures, et fait d'Itsamia un village modèle qui a choisi pour symbole la tortue, tout simplement parce que les plages d'Itsamia sont uniques en leur genre pour cet animal...

Les bungalows de l'ADSEI, entre la forêt, la plage, et un étang




Itsamia est un endroit unique au monde pour l'observation des tortues vertes, par sa fréquentation déjà (pour une nuit, nous avons compté 47 tortues montées sur la plages) mais aussi parce que les tortues sur terre d'habitude si peureuse, sont ici totalement imperturbable. Avec Said l'écoguide et Ambre, vétérinaire en stage ici, nous du en empêché une de venir dans le village en la poussant vigoureusement, mais elle n'en avait pas l'air apeuré le moins du monde...


Des traces et des trous partout, des émergences tout au long de la journée...

Franchement, vous avez déjà vu plus attendrissant?



à chaque émergence, les prédateurs rappliquent...

Après 2 jours à Itsamia, c'est comme ci on avait toujours été là. L’accueil d'Idriss, de Comandant, de Said, la cuisine de Faïza et la gentillesse des enfants, on reviendra rien que pour ça, mais aussi pour les balades sur les plages et les padzas, les nuits à observer les pontes de tortues, les baignades matinales dans les vagues...


Prochaine étape, Nioumachoua !

Commentaires

  1. C'est vraiment super ! Je fond devant les tortues mais pas devant l'avion ! Z'avez peur de rien ! A bientôt pour la suite ! bisous

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. C'est sur que le petit coucou, ça bouge pas mal dans les turbulences, et tu croise un peu les doigts à l'atterrissage sur la piste cabossée...

      Supprimer
  2. Super ! C'est magnifique et émouvant ! Les photos sont géniales. Vous avez vécu une sacrée aventure. Ça ressemble à la découverte d'une terre inconnue . Merci de l'avoir partagée avec nous .C'est rassurant de voir que la population a pris conscience de la nécessité de préserver leur trésor. Comme quoi,c'est possible. Puissent leur voisins français en faire autant...Continuez à nous envoyer d'aussi belles images,on est preneur.
    Je vous embrasse très fort.

    RépondreSupprimer
    Réponses
    1. Oh oui, puissent leurs voisins le comprendre... aussi bien les Comores que Mayotte. Le résultat, c'est que Mohéli abrite des animaux qui ne vivent plus qu'ici, que ses coraux sont en pleine santé et que les habitants vivent dans un village dont ils sont fières !
      Pleins de bisous !

      Supprimer
  3. Ouaaah! Comment ça a l'air trop bien les petites tortues !

    RépondreSupprimer

Enregistrer un commentaire