Tanzanie - 4ème partie - Usambara





Après les hauts plateaux du nord, il était temps de partir vers l'est, vers les montagnes Usambara, surnommée la "Suisse" de l'Afrique (le rapport est quand même pas évident). Donc un bus, de Arusha à Lushoto. Trouver le bon bus peut sembler simple, et ça le serait sans les rabatteurs et arnaqueurs qui vous racontent des bobards, essayent par tout les moyens de faire monter le prix, tout ça dans un marché géant d'une cinquantaine de "guichet" - une palette, une affiche faite main et un parasol, avec une dizaine de personne qui se mettent à tous parler en même temps, et 10 rabatteurs qui te suivent partout parce qu'ils veulent faire croire qu'ils t'ont amené ici pour toucher leur commission. On savait le vrai prix d'un billet. Sauf que forcement, ils veulent te faire payer le double. Après un combat, l'éviction d'un arnaqueur avec un taquet derrière la tête par un type, on finit par avoir le prix correct pour un départ le lendemain. Peu de photo d'Arusha, parce que la ville n'est pas bien glorieuse mais surtout parce qu'elle n'invite pas à la promenade, à cause des rabatteurs plus enquiquinants que les mouches tsétsé.

C'est donc parti pour 6h de route (pour cette fois au moins, goudronnée correctement) . Un bus Tanzanien c'est un monde en soi. La carlingue tient avec des tôles boulonnées à la va-comme-j'te-pousse, la déco semble avoir été pompée sur un camping-car indien des années 40, et un écran difuse des clip d'afro-ragga en permanence dont le volume sonore arriverait à couvrir le bruit du moteur. ça sent le gaz d'échappement à l'intérieur, et plutôt que des freins, le chauffeur compte sur une photo de Jésus et une prière sur le pare-choc.

Le bus à coté du notre sur un arrêt. Avec une photo pareil, il ne risque rien.


A chaque arrêts, des vendeurs se précipitent avec leur étal sur leur tête pour qu'il arrive à hauteur des vitres, essayent d'ouvrir les fenêtres et tape sur le carreaux pour interpeller les voyageurs (locaux ou autres, aucune différence, surtout que les locaux achètent, généralement à manger ou des boissons). A un arrêt, il y a qui grimpe dans le bus pour pouvoir faire un genre de téléachat jusqu'à l’arrêt suivant.




Mais on arrive à bon port !






Les Monts Usambara sont des montagnes recouvertes de foret tropicale, habités principalement par l'éthnie Wasambaa qui vivent ici généralement en cultivant des légumes et des fruits, et l'influence des missions luthériennes qui ici font énormément de chose (de l'hotel à l'agriculture bio, en passant par l'école pour les enfants autistes). Lushoto est la plus grande ville, mais est plus un gros bourg dans une vallée perdue. Ambiance calme, verdoyante et régime à base de fruit et légume bio. C'est pas génial ? Donc, randonnée, singes, caméléons, ...



Le point de vue depuis le village d'Irente, à l'extrémité ouest de la chaîne. En face, les monts Pare, à droite dans la vallée, après la savane, c'est le Kenya









Pas de machine, pas d'engrais, pas de pesticide la plupart du temps... 



Le caméléon à deux cornes est plus qu'endémique : il n'existe que dans ces montagnes.





Les jardins en escalier autour de Lushoto. Il s'agit pour celles ci de pépinières d'arbres d'une association (Friends of Usambara, clairement soutenue par la mission luthérienne) qui vise à replanter des arbres pour favoriser une reprise de la biodiversité. Ils se financent par l'écotourisme culturel, et font de l'emploi, de l'agriculture bio... Ah si l'occident se décidait à apprendre de l'Afrique plutôt qu'essayer de faire la leçon.




Un cercopithèque à diadème, ou singe bleu.



Celui là aura su résister à notre appareil photo. Malheureusement devenu extrêmement rare parce que trop longtemps chassé pour sa fourrure, le colobe noir et blanc habite encore les forêts les plus profondes des montagnes. 




Il voltige entre les arbres sans se poser bien longtemps...




Lui est plus facile à prendre en photo, ici il y a partout !




Des fourmis légionnaires qui font une "voute" de leur propre corps pour protéger le passage des ouvrières chargées de leur couvain. On voit les soldats à grosse tête qui sécurisent l'opération, toutes mandibules dehors. Ces fourmis là s'attaquent à tout se qui se retrouve sur le chemin d'une colonie, à savoir plusieurs centaines de milliers agrafeuses sur pattes.



Les maisons sont toutes faites avec la terre argileuse du coin, ce qui donne à chaque village une teinte différente d'ocre.


Après quelques randos, il est temps de redescendre - à regret - de ce paradis des végétariens et poursuivre vers l'est pour atteindre la côte est. Prochaine étape, Pangani et Ushongo.

Commentaires

  1. Super ! C'est mieux qu'un livre de géographie ! Merci et gros bisous

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  2. en plus en a reçu notre belle carte ! Merci :-)

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